Hommage à Simone Veil

L’hommage de Jonathan De Lathouwer en hommage à Simone Veil.

« Ce matin la France a rendu un hommage national à Simone Veil.

Le 13 avril 1944, âgée alors de seulement 16 ans, elle est déportée avec sa soeur et sa mère depuis la France vers Auschwitz dans un wagon à bestiaux. Elle était alors considérée comme un parasite à éliminer et serait morte dans l’indifférence générale parce que juive.

73 ans après avoir été déshumanisée et réduite à un tatouage du numéro 78651 sur la peau de son bras gauche, elle aura son nom gravé au Panthéon où elle reposera pour l’éternité avec son mari aux côtés des grands hommes et femmes qui ont fait la nation française.

Je ne connaissais pas personnellement Simone Veil et pourtant son décès me touche particulièrement comme si j’avais perdu un être cher.

Quand je pense à elle, je songe avec admiration à tout ce qu’elle a apporté comme avancées pour l’humanité mais il y a autre chose…

Il y a quelques années, Simone Veil avait déclaré: « J’ai le sentiment que le jour où je mourrai, c’est à la Shoah que je penserai ».

J’y pense aussi.

Ce matin lorsque le Président de la République a remercié Simone Veil au nom du peuple français en la qualifiant d’ « enfant tant aimé », elle n’était pas la seule « enfant « que j’avais en tête.

J’ai grandi en entendant parler de mes proches assassinés par les nazis sans jamais pouvoir me recueillir sur leurs tombes. D’autres familles ont été complètement anéanties durant la Shoah et il ne reste plus personne pour se souvenir qu’elles ont un jour existé.

Dans ce contexte, alors qu’une tombe est communément associée à la mort, celles des rescapés de la Shoah symbolisent paradoxalement pour moi la rage de vivre et la survie du peuple juif. Le fait de réciter le kaddish sur la tombe de Simone Veil au Panthéon représente en plus le désir inaliénable de conserver et de transmettre son identité. De part ses combats dont celui pour le droit à l’avortement, elle incarne également le désir de liberté et d’espoir.

A la fin de la cérémonie de ce matin, son cercueil recouvert du drapeau français a quitté les Invalides porté par des Gardes républicains accompagné du « Chant des Marais » aussi appelé « Chant des déportés ». Les paroles de cette chanson ont été écrites par des détenus du camp de concentration de Börgermoor.

« Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain:
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.

Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : « Tu es à moi. »

Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer. »

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