Le Champ de Bataille – Jérôme Collin

Résumé

Le problème avec les enfants, c’est qu’ils grandissent. Un jour, sans prévenir, ils claquent les portes, rapportent de mauvaises notes et ne s’expriment que par onomatopées. Surtout, ils cessent de vous considérer comme un dieu sur terre. Et ça, il faut l’encaisser.

La science explique qu’ils n’y sont pour rien. C’est leur cerveau en formation qui les rend feignants, impulsifs et incapables de ramasser leurs chaussettes. N’empêche. On n’a jamais rien créé de pire que les adolescents du virtuolithique.
Voici l’histoire d’un couple sur le point de craquer face aux assauts répétés de leur fils de 15 ans. Qu’ont-ils mal fait ? Rien. Mais la guerre est déclarée. Et ils ne sont pas préparés. L’école les lâche, le père part en vrille, la mère essaie d’éteindre l’incendie.

C’est un roman sur l’amour familial où les sentiments sont à vif, comme sur un champ de bataille.

Mon avis

Je dois avouer que j’ai choisi ce livre pour de mauvaises raisons. J’apprécie particulièrement Jérôme Collin dans son rôle d’animateur radio et chauffeur de taxi. Le thème ne me plaisait pas et la couverture encore moins. Je pense même que je n’aurais pas été contre une certaine déception, en effet, on ne peut quand même pas exceller dans tous les domaines.

Et bien Paaafff ! Ce livre est excellent. Il m’a pris aux tripes et je me suis reconnu dans de nombreux aspects de ce père qui perd les pédales. L’histoire est bien menée et développée sur fond de vague terroriste. Le livre est porteur d’un vrai message de respect et d’amour paternel. J’ai adoré.

Quelques extraits

Le Cancer tue les adultes. La connerie a raison des adolescents. C’est elle aussi qui massacre les belles histoires d’amour de leurs parents.

 

Trente ans plus tard, l’école n’a pas changé. Elle juge toujours nos enfants sur leur capacité à accepter tête baissée son système hiérarchique. Elle continue de célébrer ceux qui acceptent ses règles et d’éconduire au fond de classe ceux qui ne parviennent pas à s’y plier. Elle persiste dans l’idée que toute promotion sociale doit automatiquement passer par elle. Et disqualifie ce faisant toute autre forme d’univers formatif: le groupe, la famille, les loisirs, la culture. Il n’y a que ses notes qui comptent. Et elles sont fondées sur l’obéissance à des règles primitives : gavage, régurgitation.

 

J’ai fixé dans la glace cet homme grisonnant, ses kilos en trop, ses épaules tombantes, ses yeux fatigués. Il devait avoir vingt ans de plus que moi. Grandir, cela n’existe pas. Le miroir nous renvoie l’image d’un corps à la dérive.On vieilli. Mais on ne grandit pas. On reste coincé toute notre vie au plus bel âge. Celui où l’on claque les portes, où l’on s’exprime avec des mots de moins de six lettres, où l’on en veut à la terre entière de n’être pas compris, où l’on pense qu’il suffit d’un regard franc pour affronter le monde et qu’il est possible d’être aimé juste pour ce que l’on est. Mais on mûrit pas. On fait juste semblant. On met des habits trop grands. Mais il reste toujours les mêmes chagrins abominables et les mêmes colères.

 

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